• Dan

THE DEAD DON'T DIE - CRITIQU'ANALYSE


Un film absurde et kitsch. Certes, étant donné qu'il est un pastiche des nanars du cinéma bis et des séries Z d'outre-atlantique. Le réalisateur Jim Jarmusch en reprend les codes : une intrigue absurde, des effets spéciaux et ralentis clinquants, des jeux d'acteurs inégaux qui oscillent entre la pantomime et le flegme, des personnages et des monstres stéréotypés et des retournements scénaristiques ubuesques. Il recycle également toute une imagerie des « films de zombies » avec une représentation convenue des morts-vivants, figée par George Romero, au teint lugubre et à la démarche lente et désarticulée. Même l'image-type, de la main spasmée sortant de terre dans un cimetière embrouillardé la nuit, est ici reprise et c'en est même l'affiche. C'est donc un hommage assumé à cette contre-culture des midnight movies.


Crédit photographique : IMDb

Par essence, le film semble se vouloir génialement mauvais. À l'instar des nanars dont la mauvaiseté les rend drôles. C'est là que réside le problème. Car la frontière avec les navets, dont la mauvaiseté les rend navrant est mince. Ce qui ne fonctionne pas justement c'est que le film n'est pas un nanar, car est nanar celui qui s'ignore l'être. C'est une parodie et une comédie horrifique mal maîtrisée dans laquelle l'humour dilue l'horreur et l'horreur dilue l'humour. Rendre hommage aux nanars en copiant ses codes ne fonctionnent pas.


Plusieurs mauvais choix participent à ma déception. Le premier est de briser dès les premières minutes le quatrième mur : les personnages ont conscience d'être dans un film. Ils ont d'ailleurs plusieurs références cinématographiques. Ce choix assumé, d'un décalage complet, fait sortir le spectateur du récit et nous empêche d'adhérer à cet hommage. On ne voit alors plus des personnages mais des acteurs professionnels (on notera le clin d'œil bruyant au porte-clés Star Wars de l'acteur Adam Driver). Cela conduit, par le montage et le cadrage à la starification des acteurs : ce n'est plus un agent de police mais Bill Muray que l'on voit, ce n'est plus une jeune fille de Cleveland mais Selena Gomez que l'on voit.

Le second est qu'il ne va pas assez loin dans le comique, dans le rythme, dans le scénario. Malgré ses références le film reste étonnement insipide. À tel point qu'on doute parfois de l'intentionnalité de l'absurde et du ridicule, comme cette morale finale niaise faisant le parallèle entre ces zombies capitalistes et notre société.


Il n'en demeure pas moins que le film vaut un visionnage, ne serait-ce que pour voir une Tilda Swinton grimée en une Beatrix Kiddo croque-mort se déplaçant en Smart rouge avant d'être abductée par des aliens.


Crédit photographique : IMDb

Épistémophilie - nom féminin (grec épistémè, savoir) : Plaisir éprouvé à acquérir un savoir. 

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