• Tom

LE MUSÉE DES MERVEILLES : CRITIQU'ANALYSE

Mis à jour : janv. 21

De l’importance d’écrire soi-même les films qu’on réalise



Si un jour tu as de la peine, si le dégoût de la vie vient en toi, si la paresse de la vie s’installe en toi, regarde un film de Todd Haynes : son regard, sa douceur font du bien.


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Quant à ce Musée des merveilles, je l’ai trouvé très bien. Ses thèmes, ses décors, et ses gros plans d’enfants m’ont enchanté (et je ne veux pas rompre cet enchantement, je n’en dirai rien de plus : allez donc vous faire enchanter par vous-mêmes)


Une seule chose m’a déçu : la construction de l’histoire. Relu par un Américain, le merveilleux n’est plus très merveilleux. Le scénario rend compte de tout, tout est cohérent, rien n’est gratuit (quant à la filiation entre les personnages, quant au bouquin Wonderstruck, quant aux rêves canidés…). A la fin, tout est expliqué, et le film a rendu compte du mystère qui l’émerveillait.

Et c’est dommage : le merveilleux s’accommode mal d’une démarche trop rationnelle et trop explicative.


A la fin du film, j’étais donc un peu triste, je me sentais un peu trahi : Todd Haynes a fait un beau film, certes, mais ce que je considère comme un défaut d’écriture l’empêche de prétendre être un grand film, un film dont on se souvient. Alors le générique m’a rassuré : ce n’est pas Todd Haynes qui a commis le scénario. Cette manière maladroite de parler du merveilleux n’est donc pas tout à fait de sa faute.


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On sent d’ailleurs ce hiatus entre scénario et réalisation dans le climax du film, lorsque Rose lit sa lettre à Ben : la lettre est très laborieuse et terre-à-terre dans ses explications tandis que la réalisation fait preuve d’inventivité, à travers un jeu de miniature et de maquette. C’est une scène dès lors très contradictoire : lourdeur du propos, légèreté et invention pour l’illustrer.


Conclusion : Todd Haynes devrait écrire lui-même ses films.


Mais je préfère quand même retenir que ce film prend soin de ses spectateurs : c’est aujourd’hui un geste assez subversif.

Épistémophilie - nom féminin (grec épistémè, savoir) : Plaisir éprouvé à acquérir un savoir. 

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